En médecine traditionnelle chinoise, elle marque le départ d'une période de la vie des femmes qui est appelée poétiquement "le second printemps" selon cette tradition et qui est prémisse du pire selon la nôtre.
Est-ce que friser la quarantaine me prédispose à y penser avec plus d'insistance ? Le fait est que cela m'a conduite à plusieurs réflexions et notamment à fouiner du côté de la construction culturelle.
Le phénomène est physiologique mais sa représentation et sa perception relèvent de la culture qui le reçoit. Ainsi, la ménopause est annoncée dans nos sociétés comme une somme infinie de désagréments voire de pathologies dont la simple évocation en terrifie plus d'une.
Une calamité.
Le début de la fin.
Foutue.
Out.
A dégager, la ménopausée.
Et en souffrant, s'il vous plaît.
Et RIEN ou si peu sur l'andropause dont les symptômes sont quasiment similaires et surviennent durant la même tranche d'âge: bouffées de chaleur, sautes d'humeur, dépression, etc.
Les femmes, passé le cap des 40-50 ans, seraient irrécupérables alors que leurs homologues masculins seraient fringants. Presque ils rajeuniraient à entendre les commentaires à ce sujet !
Une sacrée vue de l'esprit car alors que les hommes connaissent à ce moment-là leurs premières pannes sexuelles, les femmes, qui sont dispensées de ce type d'entrave au plaisir, voient leurs menstrues et les risques de grossesse qui les accompagnent disparaître. Ce qui frappe c'est la façon dont les représentations misogynes focalisent sur un déclin supposé chez les femmes (au moment où les conditions d'une sexualité totalement libre sont optimales) et taisent la perte de vigueur sexuelle des hommes (au moment où ils se renseignent sur le Viagra).
La ménopause, il a bien fallu en faire un affront. Et la vieillesse des femmes la fin des haricots. Une femme ménopausée n'est plus féconde donc plus fécondable, quel intérêt ? Mais à quoi peut-elle encore bien SERVIR ? Elle n'est même plus attirante, ses premiers cheveux blancs, ses rides toutes fraîches n'annoncent pas la sagesse, la mâturité comme chez un homme mais la déchéance ...
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Les trois âges de la femme. Gustav Klimt. |
J'avoue, j'ai joué le jeu des hommes: j'ai détesté mes règles, redouté la ménopause et haï ma vieillesse future. Tout ce qui nous arrive doit être vécu comme une condamnation. C'était sans compter sur ce corps qui a navigué au gré de ses cycles, s'est habitué au roulis régulier et qui trouvera un jour une terre pour tout recommencer. Un second printemps que je prendrai à coeur d'aimer et d'honorer.