mercredi 11 avril 2012

" Je veux une gouine comme présidente "

L'artiste américaine Zoé Leonard a écrit ce texte en 1992, il a été repris par le collectif suédois I want a president puis librement traduit en France par le groupe d'action Je veux unE présidentE :

"Je veux une gouine comme Présidente. Je veux qu’elle ait le sida, je veux que le Premier ministre soit une tapette qui n’a pas la sécu, qu’il ait grandi quelque part où le sol est tellement plein de déchets toxiques qu’il n’a aucune chance d’échapper à la leucémie. Je veux une présidente de la République qui a avorté à 16 ans, une candidate qui ne soit pas la moindre des deux maux ; je veux une présidente de la République dont la dernière amante est morte du sida, dont l’image la hante à chaque fois qu’elle ferme les yeux, qui a pris son amante dans ses bras tout en sachant que les médecins la condamnent.

Je veux une présidente de la République qui vit sans clim, qui a fait la queue à l’hôpital, à la CAF et au Pôle Emploi, qui a été chômeuse, licenciée économique, harcelée sexuellement, tabassée à cause de son homosexualité, et expulsée. Je veux quelqu’une qui a passé la nuit au trou, chez qui on a fait brûler une croix et qui a survécu à un viol. Je veux qu’elle ait été amoureuse et blessée, qu’elle ait du respect pour le sexe, qu’elle ait fait des erreurs et en ait tiré des leçons.

Je veux que le président de la République soit une femme noire. Je veux qu’elle ait des dents pourries et un sacré caractère, qu’elle ait déjà goûté à à cette infâme bouffe d’hôpital, qu’elle soit trans, qu’elle se soit droguée et désintoxiquée. Je veux qu’elle ait pratiqué la désobéissance civile. Et je veux savoir pourquoi ce que je demande n’est pas possible; pourquoi on nous a fait gober qu’un président est toujours une marionnette: toujours un micheton et jamais une pute. Toujours un patron et jamais un travailleur. Toujours menteur, toujours voleur, et jamais puni.»


Photo Dana Wyse

51 commentaires:

  1. "pourquoi on nous a fait gober qu'un président est une marionnette"
    ben
    d'après les Evangiles selon Guy Debord, c'est parce qu'on est dans une société du spectacle
    dont les vedettes sont les agents
    les acteurs reproduisant et institutionnalisant les archétypes
    donc le chef de l'état est la principale vedette de ce spectacle performateur
    voilà
    bon
    alors après vaut mieux lire directement G. Debord dans le texte et faire les liens efficients entre ses différents articles.
    je vais quand même faire l'effort de recopier une phrase du paragraphe 61 de la société du spectacle :
    "Les gens adminrables en qui le système se personnifie sont bien connus pour ne pas être ce qu'ils sont ; ils sont devenus grands hommes en descendant au-dessous de la réalité de la moindre vie individuelle, et chacun le sait"
    y'aurait plein d'autres truc à citer de ce bouquin
    donc le mieux c'est de le lire ainsi que la disctinction de Pierre Bourdieu

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    1. Justement, j'ai l'impression que la phrase veut dire l'inverse: un président n'est pas une marionnette ... on nous le fait croire dans une perspective de déresponsabilisation.

      Mais après je peux me tromper, ce passage n'est pas très clair.

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    2. oui, on peut le comprendre de différentes façons du fait qu'il me semble que le texte et la phrase sont très emprunts d'ironie à l'égard de ce qui est pratiqué, c'est à dire du spectacle lamentable de la démocratie bourgeoise faisant croire aux populations de toutes classes sociales, genres, ethnies, qu'ils ont là le moyen de participer au gouvernement inspiré par l'intérêt général toutes classes confondues.

      si le texte choisit précisément certains archétypes honnis par le gros des peuples inscrits dans le patriarcat sexiste, homophobes, xénophobes, etc... c'est précisément pour prendre le contre pieds des archétypes mis en avant pour "plaire" publicitairement aux électeurs que l'on entretient dans une totale ignorance et inculture et inconscience politique et sociale afin d'entretenir la reproduction du système dont l'intérêt est celui d'une classe dominante extrèmement typée à la fois en capital financier, foncier, et culturel.
      cet entretien passe par celui du rêve et du fantasme selon lequel tous les membres du peuple, quelques soient ses classes, peuvent parvenir à acquérir les caractères culturels de dominance et pour cela il faut qu'ils l'envient, que le modèle deviennent enviable. donc il est particulièrement valorisé par la marionnette en la personne du roi ou du président qui n'est qu'un agent du système spectaculaire et donc une marionnette.

      la phrase me semble donc ironique de contestation de ce fait dont bien peu sont conscients puisque bien peu le prennent au sérieux et qu'il passe pour une contestation caractéristique des aîgreurs des contestataires et de ceux qui sont caractérisables par les stéréotypes honnis du système dominant.

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  2. Moi je veux quelqu'un qui écrive correctement en français.

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  3. C'est ce que je réponds quand on me demande quel est "mon" candidat préféré : une lesbienne noire végétalienne dans un fauteuil roulant ! Et je fais un tabac à chaque fois !

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    1. Végétalienne, tu as raison, ça manque cruellement !

      Tu fais un tabac, c'est-à-dire ? Tu déchaînes les passions (version insultes) ou tu conquiers l'auditoire ?

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    2. C'est ambigu, en fait. Mais les gens en ont tellement marre des mecs au pouvoir, (même les hommes, c'est dire !) que je peux faire un vrai succès. Bon, il y a bien sûr quelques esprits chagrins pour me rétorquer que "tu n'as rien trouvé de plus groupusculaire comme candidate ?", à quoi je réponds que ce sont les groupuscules, les hors du troupeau qui défrichent et font avancer les autres. Les Monique Wittig, Alice Walker, Delphy, Daly, Dworkin, Atkinson, etc... ont quand même bien réussi à se faire un nom et à infuser leurs idées dans la société, même si les "main stream" résistent !

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    3. Les gens en ont marre des mecs au pouvoir mais une fois dans l'isoloir la crainte qu'une femme n'ait pas "les épaules" ou "les couilles" (vertus strictement masculines) pour mener un pays l'emporte. Et cette frilosité est partagée par les deux sexes :-(

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  4. Trop classe ! Moi aussi je veux une gouine pour présidente !
    Ce texte est vraiment génial.

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    1. Oui, à faire tourner ! En Allemagne aussi, pourquoi pas ?

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  5. Je vote pour!!!

    @ Anonyme,

    Je crois qu'Hélo n'aime pas trop les donneurs de leçons..

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    1. Et moi je crois qu'Hélo n'a pas beaucoup d'humilité.

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    2. @ Naturalwoman

      Je n'ai rien contre les leçons, je ne suis pas Bernard Pivot ! Ce qui m'énerve en revanche, ce sont ceux qui critiquent la forme pour dénigrer le fond avec un esprit paternaliste des plus gerbants.

      D'autant plus que je ne vois pas en quoi ce texte irait à l'encontre des règles d'orthographe et de syntaxe à part la formulation "Je veux une gouine comme ..." qui est maladroite mais pas incorrecte et illustre bien le caractère populaire de la revendication.

      @ Anonyme

      Voir ci-dessus. J'espère que vous avez bien profité de votre pitoyable remarque parce que je vous coupe la chique dès à présent.

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    3. En fait, c'est quoi qui te dérange, Anonyme?

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    4. D'après ses derniers commentaires (non publiés), c'est la lesbiannité qui gêne monsieur ...

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  6. Nous, les Belges, avons un gay comme premer ministre !! :D

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    1. J'ai entendu dire que les agressions contre les homosexuel.le.s étaient en hausse en Belgique, espérons que cet homme à ce poste-clé pourra contribuer, en tant que premier concerné, à la lutte contre l'homophobie :-)

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  7. bon, moi je veux pas du tout de chef de l'état
    mais quelque chose de collégial et de coordonnant des organismes collégiaux d'organisation des différents niveaux de structures sociales et économiques.

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    1. Bon, ben alors un collège de gouines. Comme ça tout le monde est content-e.

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    2. @ Paul et Ko

      C'est chez les dirigeantEs (d'entreprise surtout) que l'on retrouve le plus cette sensibilité à la déhiarchisation. Evidemment, dans une société qui fonctionne depuis des millénaires sur un système pyramidal, élitiste et viriarcal c'est difficile à imposer mais il y a des tentatives. Le féminisme c'est aussi, à mes yeux car tous les féminismes ne voient pas les choses de la sorte, la défense et la mise en oeuvre d'une culture féminine. Alors, un collège de gouines, je suis pour !

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  8. wouaouououo quel texte !

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    1. Oui, provoc et tout ... comme on les aime !

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  9. En effet ce serait beau symboliquement.

    Mais il me semble que c'est peu probable que ça arrive, car à mon sens l'une des principales qualités requises pour être élu président, est d'arriver à comprendre les aspirations de la majorité puisque c'est elle qui l'élit. L'enjeu est de ne pas délaisser les minorités pour autant.

    Hors ce texte dresse des archétypes de minorités opprimées ou opprimables. Je pense que quelqu'un qui accumule toutes ces difficultés peut difficilement prétendre représenter la majorité et se mettre à la place du citoyen lambda.

    A mon humble avis ça reste de la littérature en somme.

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    1. Ben oui, parce que un homme blanc de la cinquantaine grand-bourgeois représente bien évidemment la majorité, c'est bien connu... De plus, on sait tous-tes très bien que la profession d'avocat d'affaire et le salaire qui va avec prédispose à être en empathie (ou se mettre à la place) avec les 50% de français-es qui gagnent moins de 1500€ par mois.

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    2. wouai ben justement hein : quand on voit à quoi correspondent les aspirations de la majorité, y'a de quoi avoir peur même si on n'est pas homosexuelle handicapée !
      parce que les apsirations de la majorité, ben elles sont complètement formatées par la manipulation spectaculaire du fantasme de la volonté de puissance individualiste, donc la loi du plus fort et c'est à dire le modèle phallocrate patriarcal occidental raciste et xénophobe.
      cette démocratie là n'en porte que le nom
      et correspond exactement à ce que Jésus condamne quand il renvoie satan le tentant à devenir maître du monde.
      moi aussi, quand je vois ce que "les gens", la majorité populaire, élisent, je dis hors de ma vue satan
      à part ça, je ne crois ni à dieu ni à diable, mais leurs concepts m'inspirent quand même quelque chose correspondant à des atavismes humains forts dégueulasses.

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    3. @ko
      Biensur il représente ce à quoi aspirent la plupart des gens. Ils aspirent à avoir une bonne situation financière (même si y'a pas que ça dans la vie); et les pauvres n'aspirent pas à le rester en général. Sinon tu t'imagines un candidat qui toucherait le R.S.A.; les gens diraient "C'est lui qui va nous amener la prospérité? le mec est pas crédible il est encore plus pauvre que nous!"

      Les gens veulent d'un président qui incarne leurs valeurs et qui ait donc fait ses preuves. En gros un type bien dans sa tête, avec une sexualité classique et une famille qui va avec, qui présente bien. Mais tous ça ne remplace pas le programme ni la personnalité de l'individu. Donc un candidat peut ne pas correspondre à ma description et être élu s'il est fort; mais disons que plus il accumule des choses qui le marginalise, plus ça devient compliqué.

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    4. @paul
      Tu m'as l'air un peu trop idéaliste. Tu penses vraiment que c'est à cause d'une "manipulation spect...dualiste", que la plupart des gens sont blancs, hétérosexuels, non sidéens, non violés etc en occident? Crois-tu qu'un jour la loi du plus faible remplacera la loi du plus fort?

      ça m'a pas échappé qu'il y a du racisme et du machisme en France, mais de là à parler d'un modèle fondé sur ça, je trouve que tu y vas un peu fort.

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    5. Ko a raison, l'homme blanc aisé n'a jamais représenté la majorité d'une popoulation. Il est juste la figure dominante.

      Toutes les caractéristiques reprises par ce texte sont celles de minorités (à l'exception des femmes, c'est important de le rappeler !) et c'est en cela qu'il est fondé sur une utopie. Peu de chances en effet qu'une femme qui cumule toutes ces expériences soit élue un jour mais cela n'empêche pas de mettre le doigt sur le déni de nos souffrances et de nos revendications.

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    6. @ didier
      Tout dépend de quel point de vue on se place. A mon goût, il s'agit typiquement d'un clivage gauche-droite (quoique à gauche, les contradictions sont bien évidemment très nombreuses). En effet, les pauvres n'aspirent pas à le rester.
      Alors il y a deux façons de considérer la chose; il y a le modèle "sur qui prendre exemple", en gros c'est comme cela que l'on fonctionne enfant, et c'est comme cela qu'a pu être élu Berlusconi en Italie (grâce à un matraquage télévisuel qui a duré plus de 20 ans, en gros le temps de former une génération), c'est faire croire que les privilèges auxquels on a le droit sont accessibles à tout le monde si l'on travaille assez, ce qui est évidemment faux. Et il y a le fait de penser que élire quelqu'un qui connait les difficultés financières qu'éprouve la majorité (les gouines, les racisé-es, les femmes, les handicapé-es etc..) des gens permet de trouver justement les bonnes solutions à leur problèmes. C'est par exemple la position du NPA, qui dit que la politique n'a pas à être affaire de professionnels, qui, justement, ne comprennent pas ce qu'est la vie de la majorité. Et avec cet angle de vue, c'est le candidat homme blancs petit bourgeois hétéro qui est marginalisé. De plus, je trouve que appeler ce type de projet "utopie" lui donne un air irréel. Ca ne me convient pas du tout. C'est un projet tout ce qu'il y a de plus réaliste et réalisable, pourtant.

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    7. @Héloïse
      Ben j'ai regardé sur le petit larousse et l'utilisation du mot représenter dans le sens où je l'ai employé m'a l'air appropriée.
      Représenter v.t. 6. Avoir reçu mandat pour agir au nom de qqn... Représenter son pays à une conférence internationale.

      Tu écris que toutes les caractéristiques énumérées ici sont celles de minorités sauf les femmes; c'est juste, mais c'est seulement une minorité d'entre elles qui se sentent vraiment opprimées en tant que femme.

      Sinon je suis d'accord avec toi comme je l'ai sous-entendu plus haut, c'est un texte plutôt utopique.

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    8. @ didier
      Dans un rapport d'oppression, l'important n'est pas de se "sentir" opprimée, mais d'être dans un groupe opprimé. C'est toute l'importance du féminisme matérialiste que d'avoir mis le doigt sur cela. Ainsi, l'on peut ne pas se sentir opprimée et l'être. Ça a même un nom:l'aliénation.

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    9. @ko
      On peut aussi se sentir opprimé mais ne pas l'être. Je pense pas qu'il faille intervenir systématiquement pour décider à la place d'un groupe de personnes qu'est-ce qui est bien pour eux. Ce sont des êtres humains comme les autres, leurs avis a autant d'importance que ceux qui ont des conceptions différentes des leurs.

      Surtout que d'après certaines féministes ce serait la majorité des femmes qui seraient aliénées tandis qu'elles seules seraient libérées; c'est quand même bizarre (surtout si cette libération c'est ne pas avoir de mari, pas avoir d'enfant et singer "son oppresseur").

      Pour moi les libertés individuelles sont fondamentales et dans de nombreux domaines il n'y a pas de vérité absolue. Chacun devrait traiter autrui avec la même tolérance qu'il voudrait être traité.

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    10. @ Didier

      Je ne me suis pas méfiée à partir de votre premier commentaire de votre antiféminisme primaire ... je pensais que vous vous positionniez sur le terrain de l'utopie.

      Mais à la lumière de votre dernier commentaire et malgré les réponses plus que pertinentes de Ko, vous vous enfoncez dans une sorte de masculinisme des plus déplacés ici.

      Alors:

      - l'oppression se mesure en sociologie et il se trouve que les femmes constituent bien un groupe opprimé;

      - se sentir opprimé.e et ne pas l'être, non, ça n'existe pas pour la simple et bonne raison que c'est pas marrant et d'être opprimé.e et de le reconnaître;

      - nous ne décidons pas à la place des autres ce qui est mieux pour elles, nous les informons et tentons de leur faire prendre conscience que leurs souffrances ne sont pas une fatalité et qu'elles sont le fruit d'un système;

      - en tant que féministe, je ne me sens pas beaucoup plus libérée d'un système qui touche n'importe quelle personne à partir du moment où elle est reconnue comme appartenant au sexe féminin;

      - nous ne cherchons pas à "singer" un oppresseur dont nous ne partageons pas les valeurs, nous cherchons à avoir la place, l'intégrité et le respect qui nous reviennent et à casser les injonctions de genre qui nous limitent;

      - c'est pourquoi les libertés individuelles ne peuvent s'accompagner d'une réflexion sur l'assignation au genre et ses conséquences parfois dramatiques

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    11. @didier
      "Surtout que d'après certaines féministes ce serait la majorité des femmes qui seraient aliénées tandis qu'elles seules seraient libérées; c'est quand même bizarre (surtout si cette libération c'est ne pas avoir de mari, pas avoir d'enfant et singer "son oppresseur")."
      Et si je puis me permettre, d'après ce que je lis de vous, vous ne vous êtes même pas donné la peine de lire ce qu'ont écrit des féministes avant d'avancer ce que vous dites; d'ailleurs, vous ne citez aucune source dans ce que vous dites. C'est non seulement penser pouvoir parler de tout sans connaître les sujets que l'on aborde, mais de mon avis témoigner de mépris vis à vis de son-sa interlocuteur-ice.

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    12. @Héloïse
      Je te rassures je ne suis pas masculiniste. Je me pose juste des questions sur le féminisme. Nous les non-féministes vivons dans la même société que vous, j'ai mon mot à dire moi aussi il me semble.

      Je n'ai pas une foi aveugle envers les sciences humaines et sociales et tu seras surement d'accord avec moi là-dessus.
      Par ex. tu penses quoi de Freud? et du fait que les homosexuels étaient encore considérés comme des malades mentaux y'a pas si longtemps? A mon avis y faut relativiser, car souvent selon les époques et les intérêts des uns ou des autres on dit tout et son contraire.

      Pour moi c'est une question de grille de lecture, dans de nombreux domaines primordiaux on pourrait très bien considérer que ce sont les hommes qui sont victimes (espérance de vie, prisonniers, S.D.F., suicides, situation après divorce, homicides etc..).

      Se sentir opprimé et ne pas l'être pour moi ça existe bel et bien et ça s'appelle la paranoïa (j'ai pas voulu dire qu'il n'y avait pas de femmes victimes).

      Vous ne vous contentez pas d'informer celles qui n'auraient pas conscience de leurs souffrances quand par ex. vous empêchez des mannequins vivants d'exercer, ou quand vous faites interdire des affiches publicitaires avec une femme dévêtue.

      Le problème c'est pas que vous cherchiez "à casser les injonctions de genre qui vous limitent"; c'est que vous vous limitiez à un cassage de genre. Y faut se mettre à notre place un peu, on a pas envie de se faire stigmatiser par qu'on serait un homme viril ou douce si on est une fille. Autrement comment espérer vous qu'on cohabite pacifiquement dans la même société? C'est pas possible.

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    13. @ko
      Qu'est-ce que vous avez tous à dire que je vous méprise ou que j'ai pas lu ceci ou cela. Tu fais semblant de pas avoir compris, tu sais très bien de quoi je veux parler. J'ai pris la peine de me renseigner avant de parler, bien que tu ais raison je ne connais pas les oeuvres féministes au complet.

      Tu m'as obligé à rechercher ce que j'avais déjà lu ou vu mais bon tu veux des sources très bien (ce n'est que quelques exemples, y'en a beaucoup dont j'ai oublié le nom):

      - PAS DE MARI: Caroline Fourest, Ti-Grace Atkinson "Le féminisme c'est la théorie, le lesbianisme c'est la pratique.", Héloïse du blog f comme "Il est d'ailleurs dans l'intérêt de l'Oppresseur ... il échappe aux institutions oppressives: mariage, maternité" *.

      - PAS D'ENFANT: Simone de Beauvoir, Isabelle Alonso etc.. Le MLSV, childfreefeminist ça te dit quelque chose? ça intéresse pas mal de féministes à ce que j'ai vu. *

      - SINGERIE: George Sand, mouvement la barbe, Rosie the Riveter, observations empiriques sur les stéréotypes virils de la féministe dont je laisserai chacun juge, demandes autour de toi à des non-féministes (homme ou femme).

      Maintenant j'ai pas voulu dire qu'elles étaient toutes comme ça; mais il y en a beaucoup parmi-elles.

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    14. @ Didier

      Ben, maintenant c'est la définition du masculinisme qu'il va falloir aller chercher car c'est bien de ce mouvement que vos positions relèvent: "les femmes ne sont pas les victimes qu'elles prétendent être (paranoïa), elles sont en fait privilégiées (on peut rire ?) et ce sont les hommes qui sont les vraies victimes (là, on ne rit plus, c'est trop énorme)"

      Bien sûr que vous avez le droit de vous exprimer et vous le prenez habituellement PARTOUT ce droit (les médias et les supports culturels sont pétris de misogynie) ... mais pas ICI.

      Alors, j'ai publié votre commentaire exceptionnellement mais plutôt comme un cas d'école.

      Relativiser ? Est-ce à dire que selon les époques considérer le respect et l'intégrité des homosexuel.le.s et des femmes dépend de l'époque dans laquelle on vit, que leur statut d'être humain ne leur est donc pas inhérent et que sortir de VOTRE normalité "homme hétéro" les place dans l'infériorité et la marginalité ?

      Les hommes victimes, certes, mais de qui ? Regardons de plus près:

      L'espérance de vie des hommes inférieure à celles des femmes: conduites et comportements à risque (imposé.e.s par l'injonction à la virilité que vous défendez par ailleurs) + testostérone que les hommes fabriquent à la suite (et non avant !) de comportements agressifs (voir C.Vidal, neurobiologiste, à ce sujet). L'empathie, le care protègent et assurent longévité ... posez-vous des questions avant de crier à l'injustice.

      Prisonniers: idem, volonté de coller à un modèle viril d'agresseur ou, dans tous les cas, réponse à une situation par l'agressivité.

      SDF: il y a bien plus de prostituées que de SDF en France ...

      Suicides: un égo sur-alimenté dès la naissance conduit forcément à une plus grande fragilité face aux aléas de la vie (perte de travail, perte de biens tels que femme et enfants dont on se pensait propriétaire, etc.).

      Situation après divorce: s'occuper des enfants c'était AVANT qu'il fallait y penser, ne pas considérer sa compagne comme une femme de ménage gratuite AUSSI.

      Homicides: par qui les hommes sont généralement tués ? Par d'autres hommes.

      Bref, les hommes ne sont finalement les victimes que d'eux-mêmes, de leurs pairs et de la virilité qu'ils portent avec imbécilité comme une fierté.

      Ma soeur a subi enfant des agressions sexuelles, ma mère a été violentée pratiquement toute sa vie et dans les deux cas par des hommes exclusivement. En cherchant un peu à l'âge adulte, j'ai découvert qu'elles étaient beaucoup (trop) dans ce cas-là et vous osez appeler ça de la paranoïa ? Rien décidément ne vous effraie.

      Alors, pour moi, nous vivrons en paix quand les hommes cesseront de fonder leur identité sur une valeur débile et destructrice. Ne renversons pas la situation: la guerre c'est bien les hommes qui l'ont déclarée aux femmes il y a longtemps en les privant de leurs droits élémentaires dont celui d'être des citoyennEs, d'être représentées par des éluEs, d'être de vrais sujets et non des objets domestiques et sexuels ou des défouloirs. Ce sont bien les hommes qui maltraitent et tuent des femmes, pas l'inverse. Et pas besoin d'être sociologue pour le constater alors qu'il faut une sacrée dose de mauvaise foi pour le nier.

      Quant aux mannequins, nous n'avons jamais empêché quiconque d'exercer, nous pointons le fait que la vision tordue qu'ont les hommes des femmes conduit à la privation, l'anorexie et parfois la mort ... Tout ça pour un fantasme ...

      La nudité: elle ne me gênerait pas si elle n'était pas utilisée SYSTEMATIQUEMENT et sans raison (quel rapport avec une voiture, par exemple ?) et s'il n'y avait derrière ce systématisme le souhait de rabaisser les femmes à un corps offert aux regards de tous ... exactement comme l'ont fait les nazis avec les Juif.ve.s mais en plus glamour et sous prétexte de libération sexuelle.

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    15. @Didier
      Je n'ai pas pu m'empêcher d'éclater de rire en lisant votre réponse.
      Pas de mari, pas d'enfant, et la "singerie", j'ai nommé la trinité de l'enfer féministe! Je n'ai pas besoin de vous répondre, vous vous ridiculisez très bien tout seul, finalement.
      Bonne nuit

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    16. @ ko
      Eh bien tu as de l'autodérision toi! Parce que moi ça ne m'a pas du tout fait rire.

      Je le vois bien dans les quartiers ou j'interviens c'est terrible, à cause de la virilité tous ces bitomanes tuent, lynchent, violent, brulent et torturent des centaines de milliers de femmes à chaque instant.

      Nous avec notre association NPNS nous militons contre ça et ça passe par la prévention et l'éducation (par le biais de clips et d'affiches de sensibilisation).

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  10. pauvre Didier : vous n'avez strictement rien analysé de mes propos et donc aucun soupçon de ce qu'il faut en comprendre. juste une reproduction du catéchisme ambiant de l'idéologie bourgeoise virilocrate dominante.
    vous n'avez pas non plus de quelconque base de connaissance anthropologique, encore moins anthropologie féministe pour sentir les allusions que j'y fais.
    bref
    lisez et jeter par la fenêtre votre télévision...

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    1. Oulala monsieur le spécialiste d'anthropologie! Qu'est-ce qui me dit que c'est pas plutôt toi qui n'as pas compris mes analyses ou qui refuses de répondre à mes deux petites questions car elles pourraient remettre en question tes propres dogmes?

      Tu peux me renvoyer à la tv (sans me connaitre); mais la moindre des choses aurait été d'expliciter tes propos (si tu t'en sens capable) pour que moi pouvoir comprendre toi. Si c'est des connaissances basiques moi assez intelligent pour que toi expliquer à moi.

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    2. pauvre gosse
      c'est simple : vos réponses sont on ne peut plus classiques et donc courantes. avec l'expérience, on sait que ça sert à rien de répondre à ce genre de réponses totalement idiotes.

      ah wouai : votre tutoiement est une insulte.

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  11. Paul, ce n'est pas parce que vous avez les féministes dans votre poche que vous devez prendre des airs supérieurs sur les autres...

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    1. non sans blague ! là je sens que y'a pas mal d'habituées de ce site qui peuvent vous renvoyer dans la gueule que je les ai pas du tout dans la poche.
      ça encore c'est d'une bêtise viril classique; comme votre autre injonction là du genre "bats toit si t'es un homme"
      ben non
      je suis pas un "homme"
      et battez vous tout seul

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    2. Je tiens à signaler que le commentaire ci-dessus intitulé:
      Didier Apr 15, 2012 05:24 PM
      n'a pas été écrit par moi, bien que je l'approuve à 100%.
      Je préfère le préciser parce que sur un blog voisin on m'a déjà fait passer pour d'autres commentateurs, dont je partageais souvent l'opinion, mais ce n'était pas moi.

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    3. Je confirme: Paul n'a pas les féministes dans sa poche ! Le truc c'est qu'il ramène pas sa virilité, son paternalisme ou autre truc énervant à tout bout de champ.

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  12. une femme qui accumule de tels handicapes est la personne la mieux placée pour comprendre l’intérêt général. Coluche l'a bien compris, lui qui appelait tous.tes les déshérité.e.s à ce joindre à sa candidature, celle d'un pitre, en marge.

    Les autres là, en cravates, ne pensent qu'a leur gueule et sont les faussaires des consciences. Ils sont cette imposture qu'ils tentent de faire passer pour de l'intérêt général. A dégager de toute urgence.

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    1. Malheureusement, c'est bien un imposteur burné à cravate que nous allons encore avoir :-(

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  13. J'ai beaucoup aimé lire ce texte à la ... noirceur jubilatoire, remarquable par ce qu'il dit en creux sur la démocratie blanche hétérosexuelle patriarcale et suffisamment friquée.

    J'ai pris la liberté de le reproduire sur mon blog, avec un lien vers le votre.

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    1. J'avais pris la liberté précédemment de le reproduire depuis la page d'une autre personne. Donc pas de souci et merci !

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