mardi 27 décembre 2011

Pour toutes les femmes que vous avez ...





violées, humiliées ou même "aimées", nous organiserons un jour un grand banquet.
Qu'il sera doux de les venger.

lundi 12 décembre 2011

Shame

Je ne comprends pas le choix du titre de ce film dont on entend beaucoup parler en ce moment:


Penser qu'être addict au sexe, ainsi qu'en souffre le héros au point de devoir se masturber régulièrement sur son lieu de travail, relève de la honte c'est faire preuve de moralisme aigu.

Je n'ai pas (encore) vu ce film mais je me questionne déjà sur son objectif. Pourvu qu'il ne s'agisse pas d'une étude gratuite sur la pathologie d'un individu mais bien de l'observation d'une société dans laquelle, comme le soulève la critique de Télérama, "la pornographie disponible à l'infini sur Internet a formaté les fantasmes et transformé le rapport à autrui".


Quand les femmes sont de toutes parts assimilées à des objets, quand la virilité se mesure au nombre de froides conquêtes, à la capacité à faire disparaître ses sentiments et à la propension à utiliser les autrEs pour servir ce que l'on croit être ses intérêts, on se retrouve avec des hommes qui, à l'instar du protagoniste, sont pris à leur propre jeu de dominants cyniques, c'est-à-dire incapables d'aimer quand bien même ils le souhaitent ardemment.

Rien de nouveau en fait sous le triste soleil de la virilité si ce n'est qu'Internet et médiatisation conjugué.e.s nous donnent à voir le phénomène de plus près, en plus grand et dans dans tout ce qu'il a de pathétique.

dimanche 20 novembre 2011

C'est comme ça



Ca ne questionnera donc JAMAIS que ce soit TOUJOURS des hommes qui tuent, violent des femmes voire des jeunes filles et même des fillettes comme si c'était le fruit d'un ordre naturel ?

Edit: il est plus que temps de nommer ces crimes.


mercredi 9 novembre 2011

Moto Verte se lance dans la déco




C'est sûr, on ne feuillette pas un magazine destiné aux hommes, de sport couillu mécanique qui plus est, sans tomber sur notre condition même pas d'être inférieur (l'humanité serait encore trop nous concéder) mais d'objet décoratif.

Moto Verte, le magazine qui en a *


* de la méchanceté à revendre

dimanche 30 octobre 2011

J'adore ce que vous dites


Pour celles et ceux qui n'auraient pas encore lu (ou qui ont envie de relire) l'excellente étude de Corinne Monnet, voici le lien vers son texte en PDF "La répartition des tâches entre les femmes et les hommes dans le travail de conversation".

lundi 17 octobre 2011

LE violeur

 


Une gueule pas possible, une diction d'handicapé mental, un comportement d'obsédé compulsif ... voilà comment est habituellement représenté LE violeur.

Comme s'il n'y en avait qu'un profil possible. Comme si le voisin qui a l'air si "normal" ne pouvait pas en être un, de violeur. Comme si SEULS les déséquilibrés pouvaient se rendre coupables de viol. Comme si TOUS les déséquilibrés pouvaient se rendre coupables de viol. Comme si LE violeur était reconnaissable et détectable. Comme si les victimes, écervelées par définition, tombaient dans des pièges gros comme des maisons. Comme si cette caricature, dans laquelle aucun ne se reconnait, permettait à tous ceux qui ont "un peu forcé une fille un jour" de se rassurer.

samedi 8 octobre 2011

Le goût de la tomate

Me voici de retour parmi vous cher.e.s comparsEs ! J'ai essayé de revenir en douceur en lisant ce que vous aviez écrit, relevé et dénoncé ... le climat est bien tendu. Les médias et leur sexisme affiché sans complexes ont encore frappé: si France Inter prend modèle sur RMC en matière de complaisance à la misogynie la plus réactionnaire, nous avons pas mal de souci à nous faire. Beaucoup d'entre vous ont agi voire réagi et ça c'est la seule chose qui me rassure. J'ai pour ma part et à titre personnel manifesté mon dégoût à ces deux radios.

Les occasions d'être écoeurée ne manquent pas lorsqu'on est féministe. J'ai longtemps hésité entre plusieurs thèmes de billet pour enfin me décider à publier sans copier-coller cet extrait littéraire:

 
Bientôt la porte allait s'ouvrir et se refermer, on pousserait le verrou, la discussion de Pacha et Lavrenti suivrait son cours, les studios de tatouage et les poules de l'Ouest et les tatouages multicolores. Bientôt une boucle de ceinture se déferait, une braguette se dézipperait, une lumière colorée, Pacha ferait du boucan derrière la porte, Lavrenti rigolerait de la bêtise de Pacha, qui se vexerait, dans la chambre de Zara le client gémirait et les fesses de Zara s'écarteraient et on lui ordonnerait de les écarter encore et encore et encore et on lui ordonnerait d'introduire son doigt? Deux doigts, trois doigts, trois doigts de chaque main, encore plus ouvert ! Encore plus grand ! On lui ordonnerait de dire que Natacha doit se faire mettre ! Dis que Natacha doit ouvrir grand sa chatte parce que c'est là qu'elle va se faire mettre ! Oh ce qu'elle va s'y faire mettre ! Dis-le ! Dis ! Et Zara dirait, Natascha will es.

  Personne ne demandait d'où elle venait, ou ce qu'elle ferait si elle n'était pas ici.
  Parfois quelqu'un demandait ce qu'aimait Natacha, ce qui faisait mouiller Natacha, comment Natacha voulait se faire baiser.
  Parfois quelqu'un demandait ce qui la faisait jouir.
  Et c'était encore pire, parce qu'elle n'avait pas de réponse à ça.
  Si on interrogeait Natacha, elle avait des réponses toutes prêtes.
  Si on l'interrogeait elle-même, il fallait un petit moment pour qu'elle ait le temps de se demander ce qu'elle répondrait si on posait une question sur Natacha.
  Et ce petit moment révélait au client qu'elle mentait.
  Alors commençaient les exigences.
  Mais cela arrivait rarement, presque jamais.
  En général, elle devait juste dire qu'on ne l'avait jamais aussi bien baisée. C'était important pour le client. Et la plupart le croyaient.
  Tout ce sperme, tous ces poils, tous ces poils dans la gorge et pourtant la tomate avait toujours un goût de tomate, le fromage de fromage, la tomate et le fromage ensemble de tomate et de fromage, même si dans la gorge elle avait toujours des poils. Ca voulait sans doute dire qu'elle était vivante.
      Purge - Sofi Oksanen -

En lien avec la prostitution, la condition de victime sous l'angle d'une analyse inédite dans un article paru sur Sisyphe. Merci à A dire d'elles à qui j'emprunte le lien.