vendredi 30 juillet 2010

Un Presage encourageant

Il était temps que la France, bien plus à la ramasse que sa réputation de pays progressiste ne le laisse entendre, se mette aux gender studies sous le nom de Presage (Programme de Recherche et d’Enseignement des SAvoirs sur le GEnre).

Les genders studies ont enfin leur département à Sciences Po.
Cela fait quarante ans qu'elles font partie des enseignements aux Etats-Unis ...

Pourtant, ce n'est pas faute d'avoir de ce côté de l'Atlantique des figures françaises représentatives telles que Monique Wittig ou Christine Delphy, entre autres, qui écrivent et publient dans une relative indifférence.

Les genders studies ont pour principal axe de travail la mise en lumière des rouages sociaux qui installent, légitiment et perpétuent les inégalités dont sont victimes les femmes.

Cependant les champs d'application sont aussi multiples que les domaines où l'oppression s'exerce: langage, travail, sexualité, représentation sociale, etc.

Comme le résume avec justesse Judith Butler, il s'agit « de chercher à comprendre les enjeux politiques qu'il y a à désigner ces catégories de l'identité comme si elles étaient leurs propres origine et cause alors qu'elles sont en fait les effets d'institutions, de pratiques, de discours provenant de lieux multiples et diffus.».

Ceci dit, si je me réjouis de l'intervention de la brillante historienne Michelle Perrot, je ne comprends pas le choix des initiatrices du projet d'inclure dans le comité scientifique des chercheuses essentialistes comme Françoise Héritier qui soutient que  « la différence des sexes – à la fois anatomique, physiologique et fonctionnelle – est à la base de la création de l’opposition fondamentale qui permet de penser ». Si l'on est convaincue que cette opposition est fondement et nécessité de l'humanité pensante, pourquoi intervenir sur des études qui, justement, tendent à prouver que la différence des sexes n'est fondement et nécessité QUE lorsqu'on la décrète comme telle ? Et surtout, que pourront en retirer les études LGBT (Lesbiennes, Gays, Bisexuel.le.s et Transgenres) qui font partie intégrante des gender studies ???




Source de l'info: numéro 218 de Sciences Humaines, rubrique "Actualité de la recherche", article "Les gender studies à Sciences Po".

lundi 26 juillet 2010

Faire avancer le féminisme

Alertée par Floréal, je suis arrivée trop tard sur les commentaires désormais fermés de l'article de Christine qui relevait le ras-les-ovaires des femmes devant le machisme des articles de presse alternative (ah! bon ?) tels que celui paru dans Fakir.

La lecture des commentaires (masculins, faut-il préciser ?) prétextant le second degré, hurlant au moralisme et paternalisant que ce n'est pas comme ça qu'on fera avancer le féminisme révèle, une fois de plus que le macho-pénis -péniblus parvient péniblement au degré zéro de l'argumentaire.

Ceci dit, mon esprit de bricoleuse invétérée a été émoustillé: pensez-vous qu'on fera avancer le féminisme, loin de tout moralisme et dans la bonne humeur, en fabriquant une machine à faire de la purée de couilles de bitards ?




dimanche 25 juillet 2010

Jouer à la poupée

Dans mon précédent billet, j'avançais que la majorité des hommes n'aimait pas les femmes mais une sorte d'idéal féminin fantasmé.

Hélas, les femmes dans leur ensemble, ces garces, ne correspondent pas à cet idéal. Ce n'est pas faute de les y contraindre mais la nature semble rétive: les poils repoussent, la cellulite s'incruste, la peau n'a pas le grain rêvé, les pieds réclament des chaussures en 40, etc. Même les actrices de films pornographiques et les mannequins ne parviennent à atteindre cette perfection plastique qu'à grands renforts de Photoshop ou autre technologie de planquage de défauts.

Certains, cependant, ont trouvé LA parade: se procurer une poupée grandeur nature. Le phénomène des addicts à ce que l'on appelle les Real Dolls ou Love Dolls (vous apprécierez l'incongruité du mot Love en pareil cas) n'est pas si marginal que ce que le silence qui l'entoure le laisse supposer.

A quoi ça ressemble ces Love Dolls ? Je n'ai pas souhaité mettre ici un lien direct vers un site qui en propose*, je vous invite plutôt à lire les caractéristiques techniques et les fonctionnalités qui suivent:

- 1, 70 cm pour 42 kilos, 95D de tour de poitrine et 37 de pointure;
- Bouche, vagin et anus fonctionnels et hyper réalistes;
- Grande souplesse et résistance des seins et corps ultra souple;
- Squelette en aluminium de type aéronautique avec articulations renforcées;
- Enveloppe en silicone PLATINUM procédé RHS-V3
- Maquillage permanent;
- Armature de fixation pour la suspendre.

Je vous laisse à vos propres réflexions quant à ces critères de conception, en sachant que l'on planche déjà à la mécanisation de ces poupées, le but étant de s'approcher le plus possible d'un certain réalisme sans ses inconvénients. En effet, il m'importe plus à ce stade de comprendre ce qui peut bien motiver un homme à l'achat et à l'utilisation d'un tel ersatz.

Dans un documentaire diffusé sur le câble, une sexologue expliquait le phénomène par les déceptions et humiliations que ces hommes avaient subi de la part de femmes. Ah! je me disais bien que les vilaines femmes devaient bien être derrière tout ça. Bah! oui, il leur arrive parfois, aux femmes, de ne pas être en admiration devant le mâle et de le dire. Une poupée, elle, se tait. Premier avantage pour qui ne souhaite pas s'embarrasser de l'humanité envahissante des femmes.

En outre, le pendant à cette inertie féminine tant recherchée est le sentiment de toute-puissance qu'elle révèle. C'est quand je veux, où je veux et comment je veux ... mieux qu'une prostituée, comme le faisait remarquer un commentateur sur un forum. La panacée en termes de femme-objet.

Enfin, la souplesse et la résistance du silicone permettent de laisser libre cours à toutes les fantaises sadiques que l'on est censé contenir.

Certes, il existe des modèles pour femmes mais, dans la plupart des cas, il s'agit de la vieille poupée gonflable susceptible de tourbillonner dans les airs (avec un curieux bruit de pet foireux) au moindre accroc. Moins à la pointe, donc, car moins porteur. Et je ne peux m'empêcher de rapprocher cette dissymétrie quantitative de celle que la prostitution connait. L'échec des maisons closes pour clientEs** est probablement à mettre en lien avec le fait que les femmes ne sont pas éduquées à considérer les hommes commes des objets.

Love Dolls ? Il est où l'amour là-dedans ? Moi j'y retrouve plutôt la haine des femmes de chair, d'os, d'odeurs, de langage et d'émotions. J'y retrouve aussi, comme dans la pornographie et la prostitution, la réalisation d'une sexualité masculine autiste et la concrétisation d'une volonté de rester le dominant malgré l'excessive hyper-émancipation des femmes.

Pour conclure, la réflexion d'un homme inspiré: "C'est nul, ces poupées, elles ne font pas le ménage et la bouffe" ...


* pour celles et ceux qui souhaiteraient les voir de visu, voici un lien à copier dans votre barre de navigation. Attention, c'est le genre de site qui pollue volontiers l'ordinateur !!!
http://www.concorde.fr/boutique/poupees.asp?rubrique=emilie01

** je parle ici du Shady Lady Ranch au Névada qui a comptabilisé une dizaine de clientes en deux mois d'ouverture ... comme tous les établissements créés ailleurs et destinés aux femmes. L'info vient de la Fondation Scelles par l'intermédiaire de phig (merci à elle).

mercredi 21 juillet 2010

Anorexie, barbarie et Occident

Tout d'abord, quelques chiffres édifiants:

- 90 à 95% des personnes anorexiques sont des femmes;

- chez les adolescentes, elles représentent 1%;

- l'exacte moitié a été victime d'abus sexuels;

- 7 à 8% meurent des suites de leur maladie ou de suicide.

Ces chiffres sont à mettre en lien avec le fait qu'à 14 ans, 33% des jeunes filles déclarent avoir déjà fait un régime et que, plus tard, 54% des femmes adultes se trouvent trop grosses.

Je me pose donc la question suivante: à quoi reconnait-on qu'une société fait preuve de barbarie ?

Les Occidentaux semblent pourtant être passés maîtres dans l'art de désigner qui est incivilisé et qui ne l'est pas, qui maltraite ses femmes et qui les respecte.

Eux, évidemment, les respectent car ils sont
ci-vi-li-sés, claironnent-ils.

Pourtant, comment appelle-t-on une société qui impose, médias en renforts, à la moitié de ses membres de se conformer aux fantasmes masculins fluctuants selon leur humeur du moment (la rondeur fut un temps, la minceur aujourd'hui, les pieds palmés demain ?) quitte à y laisser la vie ?

Le carcan 38* ou corset invisible, au choix, dans lesquels sont enfermées les femmes vaut bien une burqa. La violence de l'injonction et de ses dommages n'a rien à envier à celles qui se déroulent dans d'autres cultures, elle est juste plus sournoise et surtout plus tordue.

Hypocritement et pour ne pas faire trop de vagues avec ça, on parle couramment d'anorexie mentale. Mentale, donc c'est dans SA tête à cette jeune fille ... comme dans celle des milliers d'autres jeunes filles.
Hallucination collective.

Et le "T'es un thon" jeté en 4ème par des petits mâles déjà conscients de leur pouvoir de vie ou de mort sur le corps de leurs camaradEs, c'est dans Sa tête ?

90% de femmes parmi les victimes et 50% d'abusées sexuelles sont pourtant des données révélatrices d'un phénomène de société pas de névroses masochistes individuelles. Ce que l'on ne veut pas dire, et que l'on ne dira probablement jamais, c'est que ces jeunes filles souffrent d'anorexie sociale.


Et au fait, c'est quoi être anorexique ? C'est haïr son corps au point de l'affamer, c'est se couper de ce corps que l'on déteste. Haïr un corps qui ne vous a rien fait, c'est pour le moins étrange ... 

A moins que ce corps n'ait été sali au plus intime à un moment donné, à moins que ce corps ne veuille décidément pas correspondre à ce qu'une norme inaccessible dicte.

Les jeunes filles anorexiques ne font finalement que reprendre à leur compte, avec plus de détermination que les autres, le dégoût du corps des femmes que des hommes ont semé ... pelotable, pénétrable, trop gros, trop ridé, trop poilu, toujours trop.

Ou pas assez ?

La majorité des hommes n'aiment pas les femmes, ils confondent. Il aiment juste l'idée qu'ils se font des femmes, une espèce d'idéal. Mais imposé, l'idéal.

Quand des jeunes filles souffrent et meurent,
dans une certaine indifférence, pour les caprices et les libertés de quelques uns, on est bien dans une société qui n'a rien à envier à celles qu'elle ne cesse de montrer du doigt.





* comprendre "taille 38", mensuration au delà de laquelle une femme est classée dans la catégorie "boudins". Le concept est de Fatema Mernissi, cité dans Le harem et l’Occident.

A lire pour aller plus loin

lundi 19 juillet 2010

Ti Grace Atkinson



Peu d'informations sont disponibles sur les analyses de Ti Grace Atkinson, féministe radicale américaine des années 70. Le seul ouvrage en français disponible est "Odyssée d'une Amazone".

Je voudrais tenter ici de relayer une partie de sa pensée sans la trahir et sans m'enfoncer à outrance dans une vulgarisation réductrice.

Atkinson est à l'origine de cette phrase relativement célèbre suivant le milieu dans lequel on gravite: "Le féminisme c'est la théorie, le lesbianisme c'est la pratique".

Pour comprendre ce que recouvre vraiment le terme lesbianisme ici, il faut se pencher un peu sur son cheminement intellectuel.

En effet, l'amalgame féministe=lesbienne renvoyé sans cesse comme une insulte par les hommes, a titillé sa curiosité. L'Oppresseur* ne commettant jamais ce qu'elle nomme des "erreurs mécaniques", elle pressent que se cache derrière la répétitivité de l'invective de quoi apporter à l'action féministe.

Atkinson sait que les lesbiennes ne sont pas forcément et ouvertement féministes. Inversement, beaucoup de féministes se défendent d'être lesbiennes. Pour elle, le lesbianisme au sens strict est une solution "individuelle" et non "politique".  Il est d'ailleurs dans l'intérêt de l'Oppresseur* que ce groupe ne soit pas politisé même s'il tolère qu'il échappe aux institutions oppressives: mariage, maternité, prostitution, pornographie**.

C'est d'ailleurs ce statut particulier à mi-chemin entre Opprimées* (puisqu'elles sont des femmes) et Oppresseurs* (puisqu'elle bénéficient de certaines prérogatives masculines) qui les place dans ce qu'elle appelle la zone intermédiaire. Et c'est sur cette zone "pré-révolutionnaire" que le féminisme doit s'appuyer stratégiquement pour espérer sortir les femmes du carcan de l'oppression. En politisant les lesbiennes et en lesbianisant les féministes dans une même conscience de classe.

Le lesbianisme selon Atkinson est avant tout politique. Il est "cet engagement volontaire et total d'une femme envers les autres membres de sa classe. C'est cet engagement absolu, indifférent à toute considération d'ordre individuel, qui confère toute sa signification au lesbianisme".

La pensée de cette brillante féministe est dense, il m'est impossible de parler dans l'espace d'un seul billet de toutes les problématiques qu'elle a soulevées: la sexualité et l'amour comme outils d'oppression, l'apport précieux des femmes âgées (les F.A), les jeunes filles non encore soumises à l'oppression mais choyées comme des "agneaux sacrificiels" ainsi que les rapports de classe et de hiérarchie qui s'instaurent au sein même du mouvement féministe, le corrompant en introduisant ce que précisément l'on combat.

J'y reviendrai peut-être.


* j'ai conservé pour ces termes les majuscules du texte original.

** sur la question de la pornographie, la situation s'est dégradée depuis pour les lesbiennes puisque l'on trouve des films les mettant en scène pour un public masculin.



mardi 13 juillet 2010

Louise Labé



On pourra croire ici à une note d'Euterpe !!! C'est en tous cas son billet sur la poètesse Anne de Marquets qui est à l'origine de celui-ci.

En menant une recherche sur les poètesses et poètes du XVIème siècle, je suis tombée sur la biographie de celle que l'on appelle encore "La Belle Cordière". Sur sa biographie et sur la polémique qui a divisé les spécialistes de ce siècle.

En effet, devant le peu de renseignements à son sujet, certain.e.s ont a avancé que Louise Labé ne serait qu'une fiction élaborée par un groupe de poètes de l'époque. On sait pourtant pertinemment que les informations relatives aux femmes ne sont péniblement accessibles qu'à partir du XIXème siècle. Archives, registres, recensements ou listes électorales a fortiori ne consignaient que les hommes.

Une femme qui a du talent et dont le travail traverse les siècles est forcément soupçonnée ... Ici, en l'occurence de n'avoir même pas existé !!!

Ceux qui ont cherché à réfuter cette thèse, comme Daniel Martin, avancent pour preuve qu'il est peu probable que l'un des poètes contemporains,  gravitant autour du groupe en question, ait ignoré "une supercherie dont on nous dit par ailleurs que tout le monde en était informé".

L'argument est léger. Il suffit pourtant de se pencher sur ses écrits pour comprendre qu'il s'agit bien d'une femme qui parle.

Est-ce qu'un homme aurait pu déclarer qu'il voudrait voir les femmes : "non en beauté seulement, mais en science et vertu passer ou égaler les hommes" ?

Est-ce qu'un homme aurait plaidé "pour un plus juste équilibre des relations entres les hommes et les femmes" ?

De plus, quelle idée saugrenue aurait été celle de ce groupe de poètes de se faire passer collectivement pour une femme alors que les femmes elles-même avaient toutes les peines du monde à être prises au sérieux et obtenir une reconnaissance de leur travail.

Je n'ai jamais eu vent d'un homme artiste dont aurait a posteriori remis en question la paternité de l'oeuvre au profit d'une femme. Les femmes, en revanche, subissent sans cesse cette tentative d'invisibilisation.

Le peu qui subsiste d'elles est peut-être encore trop.

dimanche 11 juillet 2010

Les mères et leur.s fils

C'est une discussion avec un groupe de femmes qui m'a conduite à des réflexions à ce sujet.



Ces femmes parlaient de leur progéniture, chacune s'enquérant du nombre et du sexe des enfants de l'autre. Mon tour venant, j'ai déclaré être la mère de deux filles.


L'idée était en suspens depuis le début de la conversation, je le sentais, et a fini par tomber: avoir un fils (ou mieux: plusieurs) c'est vraiment bien pour la mère.


Un mélange de pitié et de condescendance s'est abattu sur celles de l'assistance qui n'avaient pas eu la présence d'esprit de mettre au monde ne serait-ce qu'au moins un petit mâle.


C'est vraiment bien pour la mère. Ok, mais c'est bien comment ? Aucune n'a su expliquer raisonnablement cette préférence.


D'autant plus que beaucoup ont tu la difficulté d'élever ou éduquer un garçon que certaines de mes amies, mères ou professeures des écoles, m'ont parfois confiée à demi-mots.


On sait que pour un père, avoir un fils est le gage d'un prolongement égotiste de leur personne. Les classes de sexe étant parfaitement étanches, les hommes se projettent, si possible, dans leur descendance masculine. S'identifier à leur.s fille.s n'a de sens que s'ils nont pas d'autre alternative.


Mais quid des mères ???


Est-ce que les mères de fils n'espèrent pas transcender, transgresser légalement la condition qui leur est imposée ? Ce serait un peu comme une sortie du cercle de l'oppression ... mais par procuration.


Si l'on pense que pour beaucoup, l'enfant représente un bout de soi (la chair de ma chair, dit-on), avoir un fils ouvrirait une brèche dans le carcan de la catégorie de sexe à laquelle on est d'office affiliée et qui est beaucoup plus prégnante que ce qu'on l'imagine.


De nombreuses féministes, dont Ti Grace Atkinson*, ont mis à jour ce processus à travers l'alliance avec les hommes que les femmes recherchent via le couple ou le mariage, leur permettant d'accéder aux prérogatives sociales et personnelles qu'il leur est difficile, voire impossible, d'atteindre du bas de leur condition.


Mais un mari, un concubin ne sont pas des valeures sûres. A tout moment, il peuvent vous planter là malgré contrats et serments ... pas un fils qui, même brouillé à mort avec sa mère, restera SON fils.


Quelque part il restera toujours un "bout d'elle" au masculin, un "elle" en mieux. Ici, pas de bénéfice matériel ou social direct mais l'illusion d'échapper, même par la voie la plus détournée et la plus vaine qui soit, à l'infériorité intériorisée de son statut de femme.


Pourquoi vaine ? Parce que cette échappée en solitaire ne changera jamais d'une once la condition initiale à laquelle on croyait se soustraire.


Vaine et dangereuse. Une amie, syndicaliste convaincue, me disait il y a peu qu'il n'y avait plus de conscience de classe.


Il en va de même pour les femmes, victimes d'un système oppressif bien rôdé, qui, en usant de palliatifs individualistes (s'appuyer sur des alliances masculines trompeuses), non seulement entretiennent l'idée d'une suprêmatie masculine mais se détournent des seules voies efficaces: l'empowerment et l'action collective.



* Odyssée d'une Amazone



lundi 5 juillet 2010

Pause forcée

Un petit souci climatique a détruit ma connexion Internet.

J'aurai donc pendant une relative période du mal à publier billets et commentaires et à visiter les blogs du réseau.

Je profite de ce temps papier/stylo bille pour préparer des notes au sujet de quelques ouvrages que je me suis procurés:

- Classer, dominer. Qui sont les "Autres" ? de Christine Delphy. Un monument que je vais relire et annoter plus sérieusement tant il fourmille d'intelligence et d'érudition.

- Odyssée d'une Amazone de Ti-Grace Atkinson. Du pur radicalisme comme je l'aime, à peine commencé mais déjà tout griffonné dès les premières pages.

- La faculté des rêves de Sara Stridsberg. La biographie jubilatoire de Valérie Solanas, j'en ai lu quelques lignes (qui promettent) en diagonale. Mmmm ...

- Les femmes ou les silences de l'Histoire de Michelle Perrot. Un gros pavé dont je me réserve l'échéance de lecture pour la fin de l'été.

A bientôt !