dimanche 25 juillet 2010

Jouer à la poupée

Dans mon précédent billet, j'avançais que la majorité des hommes n'aimait pas les femmes mais une sorte d'idéal féminin fantasmé.

Hélas, les femmes dans leur ensemble, ces garces, ne correspondent pas à cet idéal. Ce n'est pas faute de les y contraindre mais la nature semble rétive: les poils repoussent, la cellulite s'incruste, la peau n'a pas le grain rêvé, les pieds réclament des chaussures en 40, etc. Même les actrices de films pornographiques et les mannequins ne parviennent à atteindre cette perfection plastique qu'à grands renforts de Photoshop ou autre technologie de planquage de défauts.

Certains, cependant, ont trouvé LA parade: se procurer une poupée grandeur nature. Le phénomène des addicts à ce que l'on appelle les Real Dolls ou Love Dolls (vous apprécierez l'incongruité du mot Love en pareil cas) n'est pas si marginal que ce que le silence qui l'entoure le laisse supposer.

A quoi ça ressemble ces Love Dolls ? Je n'ai pas souhaité mettre ici un lien direct vers un site qui en propose*, je vous invite plutôt à lire les caractéristiques techniques et les fonctionnalités qui suivent:

- 1, 70 cm pour 42 kilos, 95D de tour de poitrine et 37 de pointure;
- Bouche, vagin et anus fonctionnels et hyper réalistes;
- Grande souplesse et résistance des seins et corps ultra souple;
- Squelette en aluminium de type aéronautique avec articulations renforcées;
- Enveloppe en silicone PLATINUM procédé RHS-V3
- Maquillage permanent;
- Armature de fixation pour la suspendre.

Je vous laisse à vos propres réflexions quant à ces critères de conception, en sachant que l'on planche déjà à la mécanisation de ces poupées, le but étant de s'approcher le plus possible d'un certain réalisme sans ses inconvénients. En effet, il m'importe plus à ce stade de comprendre ce qui peut bien motiver un homme à l'achat et à l'utilisation d'un tel ersatz.

Dans un documentaire diffusé sur le câble, une sexologue expliquait le phénomène par les déceptions et humiliations que ces hommes avaient subi de la part de femmes. Ah! je me disais bien que les vilaines femmes devaient bien être derrière tout ça. Bah! oui, il leur arrive parfois, aux femmes, de ne pas être en admiration devant le mâle et de le dire. Une poupée, elle, se tait. Premier avantage pour qui ne souhaite pas s'embarrasser de l'humanité envahissante des femmes.

En outre, le pendant à cette inertie féminine tant recherchée est le sentiment de toute-puissance qu'elle révèle. C'est quand je veux, où je veux et comment je veux ... mieux qu'une prostituée, comme le faisait remarquer un commentateur sur un forum. La panacée en termes de femme-objet.

Enfin, la souplesse et la résistance du silicone permettent de laisser libre cours à toutes les fantaises sadiques que l'on est censé contenir.

Certes, il existe des modèles pour femmes mais, dans la plupart des cas, il s'agit de la vieille poupée gonflable susceptible de tourbillonner dans les airs (avec un curieux bruit de pet foireux) au moindre accroc. Moins à la pointe, donc, car moins porteur. Et je ne peux m'empêcher de rapprocher cette dissymétrie quantitative de celle que la prostitution connait. L'échec des maisons closes pour clientEs** est probablement à mettre en lien avec le fait que les femmes ne sont pas éduquées à considérer les hommes commes des objets.

Love Dolls ? Il est où l'amour là-dedans ? Moi j'y retrouve plutôt la haine des femmes de chair, d'os, d'odeurs, de langage et d'émotions. J'y retrouve aussi, comme dans la pornographie et la prostitution, la réalisation d'une sexualité masculine autiste et la concrétisation d'une volonté de rester le dominant malgré l'excessive hyper-émancipation des femmes.

Pour conclure, la réflexion d'un homme inspiré: "C'est nul, ces poupées, elles ne font pas le ménage et la bouffe" ...


* pour celles et ceux qui souhaiteraient les voir de visu, voici un lien à copier dans votre barre de navigation. Attention, c'est le genre de site qui pollue volontiers l'ordinateur !!!
http://www.concorde.fr/boutique/poupees.asp?rubrique=emilie01

** je parle ici du Shady Lady Ranch au Névada qui a comptabilisé une dizaine de clientes en deux mois d'ouverture ... comme tous les établissements créés ailleurs et destinés aux femmes. L'info vient de la Fondation Scelles par l'intermédiaire de phig (merci à elle).

5 commentaires:

  1. Non, à mon avis aussi la majorité des hommes n'aimait pas les femmes mais une sorte d'idéal féminin fantasmé. C'est aussi ce que dit V.Despentes dans son KKT. Ils s'aiment entre eux, transversalement, à travers leur solidarité de caste, et au détriment des femmes.

    D'ailleurs, la réflexion de "l'homme inspiré" est très significative autant que révélatrice: les femmes ne sont pas là pour être aimées, mais pour leur être utiles. Dans le pire des cas ils les haïssent, dans le meilleur ils en ont un léger mépris et se sentent supérieurs, rarement ils les aiment.

    Pour les femmes, il en va différemment. Eduquées dès le départ à vivre en fonction d'eux, pour satisfaire leurs besoins, habituées à faire passer les leurs au second plan ou à les ignorer, elles sont de plus isolées et atomisées dans leur foyer, ont moins ou peu ou pas de relations sociales entre elles parce qu'elles ont moins de temps qu'eux à disposition, et ont donc plus de difficultés à faire intervenir un minimum de solidarité pour résister aux prétentions masculines et les contrecarrer, à s'organiser pour se défendre.

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  2. @Floréal (Plouf ?)

    stop de nous carricaturé ! on a très bien compris ton petit jeu mais tu ne nous feras pas passer pour des hystériques si facilement !!

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  3. @ Floréal

    J'avais bien aimé aussi l'analyse de Despentes à ce sujet. Il me semble qu'elle parlait du phénomène des tournantes pendant lesquelles les hommes recherchaient finalement à se mater les uns les autres et s'admirer mutuellement en pleine démonstration de domination. On peut difficilement faire plus tordu ...

    Quant aux femmes, essentiellement tournées vers les hommes, je me demande si cela ne vient pas de la peur entretenue (une espèce d'éducation à la dépendance: des hommes violents d'un côté/ des hommes "protecteurs" de l'autre et parfois les deux en un !). Comme le dit Ti Grace Atkinson "S'il nous n'avions pas peur, aurions-nous besoin d'amour ?"

    D'ailleurs je me demande même si l'enjeu tacite de la violence masculine envers les femmes n'est pas d'assurer une emprise en créant à la fois un climat d'insécurité destiné aux femmes et la protection censée les en garder.

    Sans cette violence spécifique, les femmes seraient (trop) libres et peut-être plus intéressées par les hommes ... Pas cool !

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  4. "plus intéressées" est à comprendre comme "plus intéressées du tout par les hommes" ... en me relisant, j'ai réalisé que ça n'était pas très clair.

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  5. @ Hystrionne

    Là, j'avoue, je suis assez perplexe. Deux cas sont possible:

    - vous vous êtes trompé.e sur la teneur des propos de Floréal qui sont loin d'être caricaturaux.
    Auquel cas, je vous conseille d'aller visiter son blog qui vous confirmera son entière sincérité.

    - vous êtes Plouf qui se fait passer pour une personne qui a cru reconnaître Plouf dans le commentaire de Floréal. Le but étant de renvoyer les féministes à leur supposé ridicule.
    Auquel cas, je vous conseille vivement, et ce dans les meilleurs délais, d'aller vous faire soigner.

    Je ne sais pas pourquoi mais mon intuition féministe me fait pencher pour la deuxième solution ... ça doit être le mot "hystériques".

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